BOLDR Odyssey Regatta : quand le chronographe de régate devient une montre de plongée de 500 mètres
À première vue, la BOLDR Odyssey Regatta semble avoir été dessinée avec une consigne simple : ne choisir entre aucune spécialité. Chronographe automatique, compte à rebours de régate, lunette nautique, valve à hélium, couronne vissée et étanchéité à 500 mètres se retrouvent réunis dans un boîtier en acier de 45,5 mm. Là où beaucoup de montres marines se contentent aujourd’hui d’emprunter quelques codes esthétiques à la voile ou à la plongée, BOLDR a construit une véritable tool watch, massive et fonctionnelle, destinée autant à évoluer sur l’eau qu’en dessous. La marque la présente d’ailleurs comme son premier chronographe spécialement développé pour la régate. Il est disponible à partir de 1.323€.
Avant la plongée, il y a la ligne de départ
Pour comprendre l’Odyssey Regatta, il faut commencer par une particularité de la course à la voile. Contrairement à de nombreuses compétitions, les bateaux ne patientent pas simplement à l’arrêt sur une ligne avant le signal de départ. Ils évoluent à proximité de celle-ci et doivent gérer leur position, leur vitesse et le temps restant afin de la franchir dans les meilleures conditions au moment précis où la course commence. Le compte à rebours devient donc une information essentielle. C’est précisément à cette fonction que répond le compteur placé à 12 heures sur l’Odyssey Regatta. Il intègre un disque permettant de suivre un compte à rebours de dix minutes, conçu pour rendre immédiatement perceptible le temps restant avant le départ. BOLDR explique avoir développé cette fonction spécifiquement pour les situations de course où la concentration est importante et où l’information doit pouvoir être assimilée rapidement.
Une complication qui a une vraie raison d’exister
Le terme « Regatta » n’est donc pas ici simplement imprimé sur le cadran pour évoquer l’univers nautique. La montre possède réellement une fonction conçue pour la régate. C’est un détail intéressant à une époque où la majorité des chronographes sont utilisés pour tout autre chose que leur fonction initiale. Sur l’Odyssey Regatta, le chronographe retrouve une logique d’instrument : mesurer un temps précis parce que ce temps peut déterminer la qualité d’un départ.
Une lunette 2-en-1 particulièrement inhabituelle
BOLDR ne s’est pas arrêté au compteur de dix minutes. L’Odyssey Regatta reçoit également une lunette bidirectionnelle en céramique à 60 clics, dotée de Super-LumiNova et pensée autour de deux fonctions complémentaires. La première est un repère de 15 minutes. La seconde est beaucoup plus inhabituelle : un tachymètre en milles nautiques. BOLDR décrit ainsi sa lunette comme un système « 2-en-1 », conçu spécifiquement pour l’environnement marin. Cette particularité suffit déjà à éloigner l’Odyssey Regatta du chronographe traditionnel. Là où une échelle tachymétrique automobile est généralement associée aux kilomètres ou aux miles terrestres, la montre adapte le principe à son univers nautique.
Une montre qui ne cherche pas seulement à ressembler à un instrument
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de cette BOLDR. Son design découle largement de ses fonctions. Les différents compteurs, les indications de la lunette, les grandes aiguilles squelettées inspirées de la forme d’un bateau et les contrastes noir et blanc construisent une montre dont la lecture est volontairement instrumentale. BOLDR utilise du Super-LumiNova suisse sur les aiguilles et la lunette afin de maintenir cette lisibilité lorsque la lumière diminue.
Et pourtant, l’Odyssey Regatta est aussi une sérieuse montre de plongée
BOLDR aurait pu s’arrêter à un chronographe de voile résistant aux projections et suffisamment étanche pour évoluer sereinement sur un bateau. La marque est allée beaucoup plus loin. L’Odyssey Regatta affiche une étanchéité annoncée de 500 mètres, soit 50 ATM. Son boîtier en acier inoxydable 316L reçoit également une valve d’échappement à hélium, caractéristique généralement associée aux montres destinées aux environnements de plongée professionnelle et notamment aux situations de plongée en saturation.
Pourquoi une valve à hélium ?
Lors d'une plongée en saturation, les plongeurs peuvent séjourner dans un environnement pressurisé contenant notamment de l'hélium. Les très petites molécules de ce gaz peuvent progressivement pénétrer dans le boîtier de certaines montres. Au moment de la décompression, la pression emprisonnée à l'intérieur peut devenir supérieure à celle de l'environnement extérieur. Une valve à hélium est destinée à permettre l'évacuation de cette pression. Pour l'immense majorité des propriétaires de l'Odyssey Regatta, cette fonction ne sera probablement jamais nécessaire. Elle contribue néanmoins à définir la philosophie de la montre : BOLDR n'a pas cherché à fabriquer un simple chronographe nautique, mais une pièce capable d'afficher des caractéristiques dignes d'une imposante montre-outil maritime.
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Une couronne triple verrouillage pour protéger le mouvement
L'étanchéité repose également sur une imposante couronne vissée. BOLDR parle d'un système de triple verrouillage, développé afin de limiter les infiltrations d'eau et de sécuriser le boîtier dans les conditions marines. L'association entre cette couronne, le boîtier massif, le fond vissé, la valve à hélium et l'étanchéité de 500 mètres donne à l'Odyssey Regatta un profil assez inhabituel : celui d'un chronographe de régate construit avec certains attributs d'une montre de plongée professionnelle.
Sous le cadran, un monument du chronographe automatique
Le choix du mouvement confirme que BOLDR n'a pas voulu faire les choses à moitié. L'Odyssey Regatta embarque un ETA Valjoux 7750 de grade Elaboré, mouvement chronographe automatique suisse qui constitue l'une des architectures les plus connues de l'horlogerie mécanique moderne. Le 7750 est particulièrement cohérent avec la philosophie de la montre. Il ne s'agit pas d'un calibre choisi pour sa finesse ou pour permettre la réalisation d'un élégant chronographe habillé. Sa réputation s'est construite autour d'une architecture robuste et largement éprouvée. Dans l'Odyssey Regatta, il doit en outre composer avec la fonction spécifique de compte à rebours. La montre ne se contente donc pas de reprendre l'apparence classique d'un chronographe à trois compteurs : l'affichage est adapté à sa vocation nautique.
45,5 mm et 245 grammes : BOLDR n'a pas cherché la discrétion
Il faut toutefois être clair : l'Odyssey Regatta n'est pas une petite montre. Son boîtier en acier 316L mesure 45,5 mm de diamètre pour 52 mm de corne à corne. L'épaisseur atteint 18,2 mm avec le verre, tandis que l'ensemble affiche 245 grammes sur son bracelet intégré. Ce sont des dimensions considérables. Mais elles doivent être replacées dans le contexte de la montre : chronographe automatique, 500 mètres d'étanchéité, valve à hélium, lunette fonctionnelle et construction destinée à résister à un environnement marin exigeant. L'Odyssey Regatta assume donc pleinement son statut de « beast on your wrist », expression que BOLDR utilise elle-même pour caractériser le modèle.
Une tool watch qui ressemble réellement à une tool watch
Cette masse contribue paradoxalement à la cohérence du projet. La montre ne cherche pas à dissimuler sa technicité sous une silhouette élégante. Les cornes épaisses, les protections de couronne, les poussoirs du chronographe et la lunette imposante donnent immédiatement l'impression d'un équipement conçu pour être manipulé. Le cadran conserve néanmoins une certaine sobriété grâce à son traitement noir et blanc. Sa finition légèrement ombrée apporte de la texture tandis que les aiguilles squelettées permettent de conserver une lecture claire des informations présentes sur les compteurs.
Un verre saphir à double dôme
Au-dessus de ce cadran se trouve un verre saphir double dôme, bénéficiant d'un traitement antireflet triple couche sur sa face interne. Là encore, la solution choisie correspond à la recherche de lisibilité revendiquée par la montre. Le bracelet est lui aussi conçu dans une logique fonctionnelle. Il est intégré au boîtier, dispose d'un système de dégagement rapide et offre six positions de micro-ajustement. Sur une montre pesant près d'un quart de kilogramme, la possibilité d'ajuster précisément le bracelet prend une importance particulière.
Le fond de boîte rappelle que cette montre appartient d'abord à la mer
BOLDR a également travaillé le fond vissé de la montre avec une illustration spécifique en relief liée à son univers nautique. Ce choix est assez classique pour une édition limitée, mais il renforce ici la cohérence du modèle : chaque partie de la montre renvoie à la mer plutôt qu'à une simple esthétique sportive. Et cette édition est effectivement très limitée.
Seulement 100 BOLDR Odyssey Regatta
L'Odyssey Regatta a été produite à 100 exemplaires seulement, individuellement numérotés de 001/100 à 100/100. La page officielle de BOLDR affiche toujours le modèle et ses caractéristiques, mais son statut commercial est actuellement indiqué comme « To be announced ». Cette production extrêmement réduite donne au modèle une place particulière dans l'histoire de BOLDR. Il s'agissait du premier chronographe de régate de la marque et plusieurs solutions étaient alors inédites dans son catalogue, notamment cette lunette nautique 2-en-1.
Pourquoi fabriquer une montre de régate capable de descendre à 500 mètres ?
C'est finalement la question que pose cette montre. Une régate se déroule à la surface. Un chronographe de voile n'a évidemment pas besoin d'une étanchéité à 500 mètres ni d'une valve à hélium pour remplir sa fonction première. Mais c'est précisément ce décalage qui rend l'Odyssey Regatta intéressante. BOLDR a choisi de ne pas construire uniquement un instrument spécialisé pour le départ d'une course. La marque a repris la philosophie plus générale de sa collection Odyssey pour créer une montre maritime capable de passer du pont d'un bateau à l'environnement sous-marin. Cette polyvalence explique la combinaison inhabituelle entre chronographe, compte à rebours, indications nautiques et architecture de plongeuse.
BOLDR Odyssey Regatta : une montre-outil maritime sans compromis sur les dimensions
La BOLDR Odyssey Regatta ne séduira probablement pas l'amateur à la recherche d'une plongeuse fine et discrète. Avec ses 45,5 mm, ses 18,2 mm d'épaisseur et ses 245 grammes, elle assume une présence considérable au poignet. Mais juger cette montre uniquement sur ses dimensions reviendrait à manquer l'essentiel. L'Odyssey Regatta est intéressante parce qu'elle appartient à une catégorie devenue relativement rare : celle des montres dont l'esthétique semble encore directement découler d'un cahier des charges fonctionnel. ETA Valjoux 7750 Elaboré, compte à rebours de dix minutes, lunette nautique 2-en-1, Super-LumiNova, saphir double dôme, couronne triple verrouillage, valve à hélium et 500 mètres d'étanchéité : chaque caractéristique ajoute une couche supplémentaire à cette étrange machine maritime. Et c'est peut-être ce qui rapproche finalement l'Odyssey Regatta de l'esprit des meilleures montres militaires ou professionnelles. Elle ne cherche pas la polyvalence en devenant plus neutre. Elle fait exactement l'inverse : elle accumule les fonctions jusqu'à devenir un outil extrêmement spécialisé.
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Rédacteur Éric Barse
Journaliste, créateur d'entreprises, fondateur des portails www.cafe-racer-only.com et www.scooter-3-roues.com, Eric Barse partage son temps entre ses passions : la moto, les voyages et les montres. Passé par l'école militaire de Saint-Cyr et le 2ème RPIMA avant de faire une carrière dans la communication et le digital, il voue une véritable passion aux montres authentiques qui accompagnent depuis de nombreuses années ses aventures à 2 roues, de l'Océan Indien, à l'Afrique en passant par l'Amérique latine !