Forces Spéciales SAS : histoire, sélection, missions et montres des légendaires Special Air Service britanniques
Peu d'unités militaires jouissent d'une réputation aussi prestigieuse que le Special Air Service (SAS) britannique. Considéré comme le père des forces spéciales modernes, le SAS a profondément influencé les doctrines militaires occidentales depuis sa création pendant la Seconde Guerre mondiale. Son exigence en matière de sélection, sa discrétion et son efficacité opérationnelle ont inspiré la création d'unités d'élite dans le monde entier, parmi lesquelles le 1er RPIMa français, le Delta Force américain ou encore le SASR australien. Au-delà de ses missions, le SAS entretient également une longue relation avec l'horlogerie militaire. Plusieurs montres emblématiques ont accompagné ses opérateurs sur les théâtres d'opérations, devenant aujourd'hui des références incontournables pour les collectionneurs de montres militaires.
La naissance du SAS pendant la Seconde Guerre mondiale
Le Special Air Service voit le jour en juillet 1941 à l'initiative du lieutenant David Stirling. Convaincu que de petites équipes mobiles peuvent infliger des pertes importantes derrière les lignes ennemies, il imagine une unité capable d'agir de manière autonome dans le désert nord-africain. À ses débuts, le SAS mène principalement des opérations de sabotage contre les aérodromes de l'Afrika Korps. Les commandos détruisent avions, dépôts de carburant et infrastructures logistiques, tout en évitant les affrontements directs. Les résultats sont spectaculaires. En quelques mois, le SAS devient l'une des unités les plus redoutées des forces de l'Axe.
Une devise devenue célèbre
La devise officielle du SAS est : "Who Dares Wins" (« Qui ose gagne »). Créée dès l'origine de l'unité, elle résume parfaitement la philosophie du régiment : audace, initiative, autonomie et détermination. Aujourd'hui encore, cette devise est reprise par de nombreuses forces spéciales à travers le monde.
Le célèbre insigne du Special Air Service (SAS) est l'un des emblèmes militaires les plus reconnaissables au monde. Il se compose d'une dague ailée, inspirée de l'épée d'Excalibur, symbolisant la capacité des opérateurs à intervenir rapidement derrière les lignes ennemies. Les ailes dorées représentent la mobilité, la liberté d'action et la faculté de frapper partout, par voie terrestre, aérienne ou maritime. La dague, placée au centre de l'insigne, évoque le courage, la détermination et l'engagement au combat. Au-dessous figure la célèbre devise « Who Dares Wins » (« Qui ose gagne »), imaginée dès la création de l'unité par David Stirling. Cette maxime résume la philosophie du SAS : prendre l'initiative, accepter le risque et accomplir des missions que d'autres considèrent comme impossibles. Plus qu'un simple logo, cet insigne est devenu le symbole international des forces spéciales modernes et a inspiré de nombreuses unités d'élite à travers le monde.
L'organisation du SAS
Le Special Air Service appartient aux UK Special Forces (UKSF). Le régiment comprend plusieurs escadrons opérationnels composés chacun de spécialistes dans différents domaines :
- Mobilité terrestre ;
- Montagne ;
- Parachutisme ;
- Opérations amphibies ;
- Renseignement spécial ;
- Lutte antiterroriste ;
- Protection rapprochée.
Chaque escadron est lui-même divisé en petites patrouilles de quatre hommes capables d'opérer plusieurs jours en autonomie complète. Cette organisation légère constitue l'une des grandes forces du SAS.
Les missions du SAS
Depuis plus de 80 ans, les missions confiées au SAS ont considérablement évolué. Aujourd'hui, les opérateurs peuvent intervenir dans des domaines très variés :
- Reconnaissance stratégique ;
- Action directe ;
- Sabotage ;
- Contre-terrorisme ;
- Libération d'otages ;
- Protection de personnalités ;
- Renseignement humain ;
- Capture de cibles de haute valeur ;
- Assistance militaire auprès d'armées alliées.
Le SAS intervient régulièrement aux côtés des autres unités des UK Special Forces, notamment le Special Boat Service (SBS).
Une sélection parmi les plus exigeantes au monde
La sélection du SAS est réputée comme l'une des plus difficiles des forces armées occidentales. Elle est ouverte aux militaires expérimentés issus de différentes unités britanniques. Le processus comprend plusieurs phases.
Les marches dans les Brecon Beacons
La première étape se déroule dans les montagnes galloises. Les candidats doivent effectuer seuls de longues marches chronométrées avec un sac chargé pouvant dépasser 25 kg. L'épreuve finale, surnommée "Endurance", impose un parcours de plus de 60 kilomètres sur terrain accidenté en un temps limité. Cette phase élimine une grande majorité des candidats.
L'entraînement en jungle
Les survivants poursuivent leur formation dans un environnement tropical particulièrement exigeant. Cette phase évalue :
- La résistance physique ;
- La navigation ;
- La survie ;
- La capacité à travailler en équipe.
Les conditions climatiques rendent l'exercice extrêmement éprouvant.
L'évasion et la résistance à l'interrogatoire
La dernière étape est probablement la plus célèbre. Après plusieurs jours de fuite, les candidats volontairement capturés subissent une simulation d'interrogatoire sous contrôle strict. Cette phase vise à mesurer leur résistance psychologique et leur capacité à préserver des informations sensibles. Chaque année, seule une faible proportion des candidats obtient le célèbre béret beige du SAS.
Les opérations les plus célèbres
Le SAS s'est illustré au cours de nombreux conflits. Parmi les opérations les plus connues figurent :
- Les raids du désert en Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale ;
- La guerre des Malouines ;
- La guerre du Golfe ;
- Les opérations en Irak ;
- Les interventions en Afghanistan ;
- De nombreuses missions de contre-terrorisme conduites au Royaume-Uni et à l'étranger.
La discrétion reste toutefois une caractéristique majeure du régiment, de nombreuses opérations demeurant classifiées.
Les montres militaires du SAS
Comme toutes les unités opérationnelles, les membres du SAS ont utilisé différentes montres au fil des décennies. Les modèles officiellement fournis ont évolué selon les marchés publics du ministère britannique de la Défense, tandis que certains opérateurs ont également porté des montres personnelles adaptées aux contraintes des missions.
Rolex Submariner Military (MilSub)
Impossible d'évoquer le SAS sans parler de la Rolex MilSub. Plusieurs références militaires, notamment les 5513 et 5517, ont été fournies à différentes unités britanniques, y compris des éléments des forces spéciales. Leurs caractéristiques étaient spécifiques :
- Aiguilles "sword" ;
- Lunette entièrement graduée ;
- Barrettes fixes ;
- Marquages militaires ;
- Forte lisibilité.
Aujourd'hui, ces montres figurent parmi les Rolex militaires les plus recherchées au monde.
CWC (Cabot Watch Company)
À partir des années 1980, les montres CWC deviennent progressivement les principales montres de dotation des forces britanniques. Le SAS utilise notamment :
- CWC G10 ;
- CWC Diver ;
- CWC SBS Diver.
Leur robustesse, leur simplicité et leur excellente lisibilité expliquent leur succès durable.
Hamilton
Bien avant l'arrivée de CWC comme principal fournisseur des forces armées britanniques, Hamilton a joué un rôle important dans l'équipement militaire du Royaume-Uni. À partir des années 1960 et surtout dans les années 1970, la marque américaine, alors déjà reconnue pour la robustesse de ses garde-temps militaires, fournit plusieurs modèles répondant aux spécifications du Ministry of Defence (MoD). Ces montres sont distribuées à différentes unités de l'armée britannique, y compris à des personnels susceptibles d'intégrer ou de soutenir les forces spéciales comme le Special Air Service (SAS). Elles sont appréciées pour leur grande fiabilité, leur lisibilité et leur simplicité mécanique, des qualités indispensables lors des opérations sur le terrain. Parmi les modèles les plus emblématiques figure la Hamilton W10, équipée d'un mouvement mécanique à remontage manuel ETA 2750. Son boîtier asymétrique, son cadran noir mat très lisible et ses aiguilles luminescentes en font l'une des montres militaires britanniques les plus reconnaissables de son époque. Produite entre 1973 et 1976, la W10 est aujourd'hui très recherchée par les collectionneurs.
Les montres personnelles
Comme dans de nombreuses unités de forces spéciales, certains opérateurs choisissent également leur propre montre. On retrouve régulièrement :
- Marathon GSAR ;
- Sinn U1 et UX ;
- Tudor Pelagos ;
- Omega Seamaster ;
- Garmin tactiques ;
- G-Shock.
Le choix dépend des préférences personnelles, des contraintes opérationnelles et des missions.
Forces Spéciales SAS britaniques : un héritage qui dépasse largement le Royaume-Uni
Le SAS a profondément transformé la manière de concevoir les opérations spéciales. Son organisation, ses méthodes de sélection et sa philosophie ont servi de modèle à de nombreuses unités d'élite à travers le monde. Son influence dépasse largement le domaine militaire et s'étend jusqu'à l'horlogerie, où les montres ayant accompagné ses opérateurs sont devenues de véritables icônes. Qu'il s'agisse des Rolex MilSub, des CWC de dotation ou des modèles contemporains choisis par certains membres du régiment, ces garde-temps incarnent les mêmes valeurs que le SAS : fiabilité, robustesse et efficacité.
Note aux lecteurs : Les contenus publiés sur Montre-Plongée-Militaire.com traitent de l'histoire des montres de plongée civiles et militaires, des montres militaires, de leurs utilisateurs et parfois des unités auxquelles elles sont associées. Les références aux forces armées, aux forces spéciales, aux commandos ou aux conflits ont une vocation exclusivement informative, historique et horlogère. Elles visent à documenter l'origine et l'évolution de ces garde-temps, sans exprimer de soutien, de jugement ou de position à l'égard des organisations, des doctrines ou des événements évoqués.
Plus d'articles
Jacques Bianchi Marseille JB300 Noire : une montre de plongée fidèle à son héritage militaire
Wolbrook Pan4Timer Automatic : une plongeuse originale pensée pour les voyageurs
Mühle-Glashütte S.A.R. Flieger-Chronograph : un chronographe de mission conçu pour les pilotes de sauvetage
Mühle-Glashütte Seebataillon GMT : montre de mission inspirée des besoins de la Marine allemande
Rédacteur Éric Barse
Journaliste, créateur d'entreprises, fondateur des portails www.cafe-racer-only.com et www.scooter-3-roues.com, Eric Barse partage son temps entre ses passions : la moto, les voyages et les montres. Passé par l'école militaire de Saint-Cyr et le 2ème RPIMA avant de faire une carrière dans la communication et le digital, il voue une véritable passion aux montres authentiques qui accompagnent depuis de nombreuses années ses aventures à 2 roues, de l'Océan Indien, à l'Afrique en passant par l'Amérique latine !