RESERVOIR Hydrosphere Blackfin : la montre de plongée qui s’inspire d’un manomètre
Dans l’univers des montres de plongée, la lisibilité repose généralement sur une recette éprouvée : trois aiguilles centrales, une lunette tournante et des index fortement luminescents. Avec l’Hydrosphere Blackfin, RESERVOIR emprunte une direction sensiblement différente. La maison française transpose au poignet l’apparence des instruments analogiques utilisés par les plongeurs, et plus particulièrement celle d’un manomètre. Cette inspiration ne se limite pas au dessin du cadran. Elle détermine également la manière de lire l’heure. Une grande aiguille parcourt un arc de cercle avant de revenir instantanément à son point de départ, tandis que les heures apparaissent dans un guichet. Une architecture inhabituelle pour une plongeuse, associée à un boîtier en acier de 45 mm, une valve à hélium et une étanchéité annoncée à 250 mètres. Ell est disponible à partir de 5.400€.
Le manomètre de plongée comme point de départ
RESERVOIR a construit une partie de son identité autour des instruments de mesure. Compteurs automobiles, instrumentation aéronautique et équipements marins deviennent ainsi des références esthétiques pour ses différentes collections. Avec l’Hydrosphere, l’inspiration vient directement de la plongée sous-marine. Le cadran reprend l’organisation visuelle d’un manomètre, instrument permettant au plongeur de contrôler la pression de sa bouteille. RESERVOIR revendique cette filiation et présente l’Hydrosphere comme une interprétation horlogère de ces instruments essentiels à la gestion d’une immersion. Sur la Blackfin, cette influence apparaît immédiatement. Le cadran noir reçoit de grands chiffres blancs disposés en arc de cercle et plusieurs zones colorées. L’ensemble privilégie une esthétique très instrumentale, éloignée du dessin classique d’une plongeuse traditionnelle.
Une seule aiguille pour afficher les minutes
La particularité la plus visible de l’Hydrosphere Blackfin concerne son affichage. La grande aiguille centrale n’indique pas les heures mais les minutes rétrogrades. Elle progresse au cours de l’heure avant de revenir à son point initial lorsque les 60 minutes sont atteintes. L’heure est affichée séparément dans un guichet à heure sautante, surmonté d’une loupe afin d’améliorer sa lecture. Au changement d’heure, le chiffre bascule instantanément tandis que l’aiguille des minutes recommence son parcours. Cette construction permet à RESERVOIR de retrouver le mouvement caractéristique d’une aiguille de manomètre tout en conservant l’affichage des heures et des minutes. La lecture demande donc une courte période d’adaptation. Elle constitue aussi l’un des principaux éléments d’identité de la montre.
Un indicateur de marche supplémentaire
Un autre détail complète le dispositif : un indicateur de fonctionnement placé à la base de l’aiguille. Celui-ci tourne dans le sens horaire et permet de vérifier visuellement que le mouvement fonctionne. RESERVOIR l'intègre aux différents éléments qui donnent au cadran son apparence d'instrument. Les index blancs reçoivent du Super-LumiNova afin de maintenir leur visibilité lorsque la luminosité diminue. Le cadran est protégé par un verre saphir bénéficiant d'un traitement antireflet.
Un imposant boîtier en acier de 45 mm
Une montre inspirée d'un instrument de plongée pouvait difficilement adopter des proportions particulièrement discrètes. L'Hydrosphere Blackfin mesure 45 mm de diamètre. Son boîtier est réalisé en acier inoxydable 316L avec une finition satinée. Le fond et la couronne sont vissés. Ces dimensions placent clairement le modèle parmi les montres possédant une présence importante au poignet. Elles correspondent également à l'objectif de lisibilité recherché par la collection. RESERVOIR annonce une étanchéité de 250 mètres, soit 25 bar, et équipe la Blackfin d'une valve à hélium. Cette dernière est destinée aux situations de plongée en saturation, en permettant l'évacuation de l'hélium susceptible de pénétrer dans le boîtier.
Découvrez la fiche complète de la RESERVOIR Hydrosphere Blackfin
Une lunette particulière pour accompagner les minutes rétrogrades
La lunette tournante constitue un élément indispensable d'une montre de plongée traditionnelle puisqu'elle permet notamment de suivre un temps d'immersion. Mais l'affichage rétrograde de l'Hydrosphere pose un problème particulier : après 60 minutes, l'aiguille revient brutalement à zéro. RESERVOIR a donc développé une lunette unidirectionnelle en céramique à double graduation. Son organisation permet de conserver la lecture du temps en fonction de la position de l'aiguille, avant comme après son retour rétrograde. Il s'agit probablement de l'un des détails techniques les plus intéressants de l'Hydrosphere. La lunette n'est pas simplement ajoutée pour respecter les codes esthétiques de la plongeuse : sa graduation a dû être adaptée au système d'affichage spécifique de la montre.
Un module propriétaire de 124 composants
À l'intérieur de cette première génération d'Hydrosphere Blackfin, RESERVOIR utilise une base mécanique suisse ETA 2824 à remontage automatique. La manufacture lui associe toutefois son propre module de 124 composants, nécessaire pour assurer les trois fonctions caractéristiques de la montre : minutes rétrogrades, heure sautante et indication de réserve de marche. Le mouvement fonctionne à une fréquence de 28 800 alternances par heure. Sa réserve de marche est annoncée à 37 heures. Cette architecture permet donc de partir d'un calibre automatique suisse connu tout en proposant un affichage qui différencie fortement l'Hydrosphere d'une plongeuse mécanique conventionnelle.
Bracelet acier ou caoutchouc
La Blackfin est montée d'origine sur un bracelet en acier 316L brossé, directement vissé au boîtier. Sa boucle déployante intègre un système d'extension, particulièrement utile pour adapter le bracelet lorsque la montre est portée avec certains équipements de plongée. RESERVOIR fournit également un bracelet supplémentaire en caoutchouc noir, qui modifie sensiblement l'apparence de la montre tout en restant cohérent avec sa vocation aquatique. La présentation poursuit cette logique puisque l'Hydrosphere Blackfin est livrée dans un contenant étanche évoquant davantage un équipement technique qu'un coffret horloger traditionnel.
Une plongeuse remarquée au GPHG
L'originalité de cette architecture a également valu à l'Hydrosphere une reconnaissance dans le milieu horloger. La Blackfin a notamment été nommée dans la catégorie Montre de Plongée du Grand Prix d'Horlogerie de Genève 2019, une distinction que RESERVOIR rappelle dans sa présentation du modèle. Cette nomination souligne la singularité de la proposition : plutôt que de revisiter une plongeuse historique, RESERVOIR a cherché à construire son modèle autour d'un autre instrument réellement associé à l'univers sous-marin.
Une montre de plongée qui ne ressemble pas aux autres : RESERVOIR Hydrosphere Blackfin
L'Hydrosphere Blackfin ne cherche finalement pas à se mesurer aux plongeuses traditionnelles uniquement sur le terrain du design néo-rétro. Son intérêt réside surtout dans la manière dont RESERVOIR a transposé l'instrumentation sous-marine dans une construction mécanique : aiguille des minutes rétrograde, heure sautante, indicateur de fonctionnement et lunette à double graduation constituent un ensemble cohérent avec l'idée du manomètre. Le reste de la fiche technique replace pourtant la montre dans l'univers des véritables plongeuses : acier 316L, verre saphir, lunette unidirectionnelle en céramique, couronne vissée, valve à hélium et étanchéité à 250 mètres. Avec son diamètre de 45 mm et son affichage atypique, la Blackfin n'est pas une montre qui recherche la discrétion. Elle propose plutôt une interprétation instrumentale et mécanique de la montre de plongée, où l'originalité ne vient pas uniquement du cadran, mais de la façon même dont le temps est affiché.
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Rédacteur Éric Barse
Journaliste, créateur d'entreprises, fondateur des portails www.cafe-racer-only.com et www.scooter-3-roues.com, Eric Barse partage son temps entre ses passions : la moto, les voyages et les montres. Passé par l'école militaire de Saint-Cyr et le 2ème RPIMA avant de faire une carrière dans la communication et le digital, il voue une véritable passion aux montres authentiques qui accompagnent depuis de nombreuses années ses aventures à 2 roues, de l'Océan Indien, à l'Afrique en passant par l'Amérique latine !