Christopher Ward C60 Trident Pro 300 : la plongeuse britannique à l’accent suisse
Dans l’univers très concurrentiel des montres de plongée mécaniques, Christopher Ward occupe une position assez particulière. La marque britannique, créée au début des années 2000, s’est développée en misant sur la vente directe et une production suisse, avec l’ambition de proposer des caractéristiques techniques élevées sans atteindre les tarifs des grandes maisons horlogères traditionnelles. La C60 Trident Pro 300 illustre particulièrement bien cette stratégie. Déclinée en plusieurs diamètres et coloris, cette plongeuse automatique associe une étanchéité à 300 mètres, une lunette en céramique, un verre saphir et un mouvement automatique suisse Sellita. La référence C60-40ADA31S0KK1-B0 présentée ici adopte un boîtier de 40 mm, un cadran noir et un bracelet métallique Bader. Une configuration relativement classique sur le papier, mais dont l’intérêt réside surtout dans la manière dont Christopher Ward a cherché à concilier les caractéristiques d’une véritable montre de plongée avec des dimensions adaptées à un usage quotidien. Elle est disponible à partir de 1.050€.
Christopher Ward : une jeune marque britannique née en 2004
Contrairement aux manufactures qui mettent en avant un héritage remontant au XIXe siècle, Christopher Ward appartient à la nouvelle génération de l’horlogerie britannique. La société est fondée en 2004 par Christopher Ward, Mike France et Peter Ellis. L’idée aurait pris forme lors d’une sortie en bateau sur la Tamise. La première montre de la marque est ensuite commercialisée en 2005. Dès ses débuts, Christopher Ward adopte une approche alors beaucoup moins répandue qu’aujourd’hui : vendre ses montres directement sur Internet, sans passer par le réseau traditionnel de détaillants. Ce modèle direct-to-consumer devient rapidement une composante importante de son identité. L’objectif consiste à réduire certains coûts de distribution afin de concentrer davantage le prix final sur le produit lui-même. La marque reste cependant britannique par son identité et sa conception, tandis que ses montres sont fabriquées en Suisse. Cette double appartenance est aujourd’hui symbolisée par le logo aux deux drapeaux que l’on retrouve notamment sur le cadran de la Trident Pro 300.
De la vente en ligne au développement de ses propres mouvements
Christopher Ward a progressivement dépassé son statut initial de jeune marque proposant des montres suisses en vente directe. Une étape importante intervient en 2014, lorsque l'entreprise fusionne avec son partenaire de production suisse Synergies Horlogères. La même année apparaît le calibre SH21, mouvement mécanique développé sous la direction de Johannes Jahnke et proposant notamment cinq jours de réserve de marche. Toutes les montres Christopher Ward ne reçoivent cependant pas un mouvement développé par la marque. Pour la C60 Trident Pro 300, le choix s’est porté sur le très répandu Sellita SW200-1, un calibre automatique suisse dont l’architecture éprouvée correspond bien au positionnement de cette plongeuse.
C60 Trident : une collection apparue en 2009
La famille Trident occupe une place importante dans l’histoire récente de Christopher Ward. La première C60 Trident Automatic apparaît en 2009. La collection évolue ensuite à plusieurs reprises, avec notamment l’arrivée de la Trident Pro 600 et de différentes variantes de matériaux, de couleurs et de mouvements. Pour développer la C60 Trident Pro 300, Christopher Ward a adopté une méthode assez inhabituelle : la marque a sollicité les membres de son propre forum afin de connaître leurs attentes concernant une plongeuse plus polyvalente. L’un des objectifs était notamment de proposer une montre plus fine et plus facile à porter que la C60 Trident Pro 600 tout en conservant une étanchéité largement suffisante pour une montre de plongée mécanique. Le résultat est cette Trident Pro 300, disponible en plusieurs diamètres allant de 38 à 44 mm.
Un boîtier de 40 mm et seulement 11,3 mm d’épaisseur
La référence qui nous intéresse adopte le boîtier intermédiaire de 40 mm. Cette dimension est associée à une longueur de 47,45 mm de corne à corne et surtout à une épaisseur contenue de 11,3 mm. Le boîtier seul pèse 68 grammes, tandis que la montre atteint environ 160 grammes avec son bracelet métallique. Christopher Ward utilise son boîtier en acier inoxydable baptisé Light-catcher, qui alterne les surfaces polies et brossées afin de réduire visuellement la masse de la montre. Malgré cette relative finesse, l’étanchéité atteint 300 mètres, soit 30 ATM. Il s’agit d’un compromis intéressant : la Trident Pro 300 conserve des spécifications cohérentes avec son positionnement de plongeuse tout en évitant l’épaisseur souvent associée aux montres affichant des niveaux d’étanchéité importants.
Découvrez la fiche complète de la Christopher Ward C60 Trident Pro 300
Lunette en céramique et Super-LumiNova
La montre adopte naturellement une lunette tournante unidirectionnelle, indispensable à l'identité d'une plongeuse. Christopher Ward utilise ici un insert en céramique de zircone noire. Les graduations sont remplies de Super-LumiNova Grade X1 BL C1, tout comme les aiguilles et les index du cadran. La lisibilité nocturne a fait l’objet d’une attention particulière : les index ont été agrandis par rapport à certaines générations précédentes afin d’augmenter la quantité de matière luminescente. Le cadran noir laqué reste relativement sobre. Le logo « twin flags » prend place à 12 heures tandis que le guichet de date est installé à 6 heures, ce qui permet de conserver une certaine symétrie. La trotteuse reprend par ailleurs le célèbre contrepoids en forme de trident, devenu l’un des signes distinctifs de la collection. L’ensemble est protégé par un verre saphir traité antireflet.
Le Sellita SW200-1 visible à travers le fond
À l’intérieur, la C60 Trident Pro 300 reçoit donc un Sellita SW200-1 automatique. Ce mouvement suisse à 26 rubis fonctionne à une fréquence de 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, et offre une réserve de marche annoncée de 38 heures. Il dispose également d’un stop-seconde permettant de régler plus précisément l’heure. Christopher Ward annonce pour cette configuration une tolérance de marche comprise entre -5 et +12 secondes par jour. La marque a choisi un fond transparent permettant d’observer le mouvement et son rotor décoré. Ce choix est davantage esthétique que fonctionnel et pourra diviser les amateurs de plongeuses traditionnelles, qui privilégient parfois un fond plein. Il permet néanmoins de rappeler que la C60 reste une montre mécanique suisse malgré son identité britannique.
Un bracelet Bader conçu pour un usage quotidien
Cette référence est proposée sur le bracelet métallique Bader en acier inoxydable. Christopher Ward l’équipe d'un système de changement rapide et d'un fermoir disposant d'un mécanisme de micro-ajustement. Les maillons sont assemblés par vis plutôt que par simples goupilles. La montre peut également être configurée avec d’autres bracelets métalliques ou différents modèles en caoutchouc. Cette diversité correspond bien à la philosophie de la Trident Pro 300 : proposer une plongeuse suffisamment sportive pour être utilisée dans l’eau, mais dont le gabarit reste compatible avec une utilisation quotidienne.
La montre de plongée Christopher Ward C60 Trident Pro 300 : une plongeuse qui privilégie la polyvalence
La Christopher Ward C60 Trident Pro 300 ne cherche finalement pas à révolutionner le concept de la montre de plongée. Son cadran noir, son boîtier en acier et sa lunette en céramique utilisent des codes désormais bien établis dans la catégorie. Son intérêt se trouve ailleurs. Avec 40 mm de diamètre, 11,3 mm d’épaisseur, 300 mètres d’étanchéité, un verre saphir et un mouvement Sellita SW200-1, elle réunit des caractéristiques solides dans un format relativement contenu. Elle témoigne également du parcours singulier de Christopher Ward. Partie en 2004 d’un modèle reposant principalement sur la vente directe en ligne, la société est progressivement devenue un acteur identifiable de l’horlogerie anglo-suisse, avec ses propres codes esthétiques et, sur certaines collections, ses propres développements mécaniques. La C60 Trident Pro 300 reste cependant fidèle à une approche pragmatique : utiliser un calibre suisse éprouvé et concentrer l’effort sur le boîtier, la lisibilité, les finitions et la polyvalence. Une montre qui ne prétend donc pas réinventer la plongeuse mécanique, mais propose une interprétation moderne et techniquement cohérente de cet incontournable horloger.
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Rédacteur Éric Barse
Journaliste, créateur d'entreprises, fondateur des portails www.cafe-racer-only.com et www.scooter-3-roues.com, Eric Barse partage son temps entre ses passions : la moto, les voyages et les montres. Passé par l'école militaire de Saint-Cyr et le 2ème RPIMA avant de faire une carrière dans la communication et le digital, il voue une véritable passion aux montres authentiques qui accompagnent depuis de nombreuses années ses aventures à 2 roues, de l'Océan Indien, à l'Afrique en passant par l'Amérique latine !